< Accueil < Retour

Architecture traditionnelle


Les maisons anciennes de la commune de Rempnat sont typiques de l’architecture traditionnelle de la montagne limousine. L’influence auvergnate y est ici peu présente. Un grand nombre de fermes sont du type « grange-étable » caractéristique du Limousin. Ce genre d’habitation comprend un grand corps de bâtiment renfermant la partie d’habitation, souvent modeste, et les bâtiments agricoles, installés dans la prolongation de la maison. La ferme du Treich, derrière le Burgt, est caractéristique de ce type d’aménagement.

Le deuxième type d’habitation est la ferme dispersée. L’habitation est désolidarisée des bâtiments agricoles et l’ensemble forme une sorte de petite cour. On en trouve plusieurs témoignages au Fournet ou au Burgt, par exemple.

Dans les bourgs et hameaux, les maisons ont tendance à être accolées les unes aux autres, afin de se protéger des vents dominants et d’optimiser le chauffage de l’intérieur. D’autres bâtiments témoignent de l’aisance de certaines familles et renforcent la richesse architecturale de la commune. La ferme du Burgt est à ce titre exceptionnelle.

Les maisons étaient bâties, pour la plupart, de blocs de granit appareillés, parfois avec beaucoup de précision. Avant le milieu du XXème siècle, la partie d’habitation comprenait une ou deux pièces, où vivait l’ensemble de la famille. Parfois, la séparation entre les humains et les bêtes était très mince, voire inexistante. Un étage, un grand nombre d’ouvertures ou une maçonnerie plus élaborée sont les signes de l’aisance de la famille qui fit bâtir la maison.

Aujourd’hui les toitures sont faites d’ardoises ou de matériaux modernes. L’ardoise était autrefois réservée aux familles aisées. La plupart des bâtiments, jusqu’à la fin du XIXème siècle, étaient couverts de chaume. La fin de la culture du seigle, l’amélioration des conditions des paysans et la peur des incendies le firent disparaître au profit de l’ardoise.

L’emplacement des villages est très ancien. Les hommes s’établirent sur les replats d’alvéoles afin de se prémunir des vents dominants des hauteurs et des inondations et de l’humidité des fonds de vallées. Ces villages constituent un témoignage silencieux de l’ancienne société rurale traditionnelle, qui durant des millénaires, a façonné le paysage et l’identité de la commune. Ils sont les traces d’une société populaire cohérente, riche et soudée, que la modernité a fait voler en éclats.

Le petit patrimoine bâti

Aux côtés des villages, il existe, pour qui sait regarder, une foule de petit monuments, constructions ou aménagements, qui constituent la richesse du patrimoine de la commune. Il s’agit par exemple des fontaines, ou « bonnes » fontaines, témoignages d’anciennes croyances, pas tout à fait chrétiennes, plus tout à fait païennes, qui créaient autant de liens sociaux entre les communautés villageoises. Les croix de chemins étaient des points de repères, géographiques et identitaires. Les murets des chemins en creux, entretenus et améliorés petit à petit au fil des siècles, permettaient au voyageur de se déplacer relativement à l’abri du vent et du froid. Les lavoirs, fours à pain, étaient des lieux d’échanges sociaux, culturels comme il en existe peu aujourd’hui dans les villages.

Tous étaient des vecteurs de liens sociaux entre les villages et les familles, parfois relativement isolées. Ces éléments, qui paraissent parfois anodins, sont en fait une partie essentielle d’un cadre de vie préservé qui fait la richesse de l'histoire de la commune.
Malheureusement, ce patrimoine a souffert, plus encore que les habitations traditionnelles, de l’abandon des campagnes, mais aussi et surtout de l’exploitation forestière et parfois agricole. Il est crucial de les valoriser et de les protéger avant qu’ils ne disparaissent définitivement.

Il est crucial de les valoriser et de les protéger avant qu’ils ne disparaissent définitivement. C’est « l’âme » de la commune qui réside dans ce patrimoine. Avec les paysages et une nature préservée, il constitue un cadre de vie exceptionnel et peut représenter, paradoxalement, une part importante de l’avenir de la commune. Sans lui, celle-ci perdrait beaucoup de son attrait. Cela compromettrait certainement les nouvelles dynamiques sociales qui se mettent en place ces dernières années.