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Un peu d'histoire

Les origines

On trouve des traces d'occupation humaine sur la commune de Rempnat dès le Paléolithique inférieur, sous la forme de silex taillés (pointes de flèches, autres) que l'on retrouve ici et là.
Les sites d'habitat permanent se mettent en place aux âges du bronze (3000 av. J.-C./ 800 av. J.-C.) et du fer (-800 environ à -52). C'est à ces époques que commencent les défrichements des forêts primaires, constituées alors de chênes, de hêtres et de pins sylvestres. Les sites d'occupations se mettent en place, sur les replats d'alvéoles, à la fois à l'abri des vents dominants et des fonds de vallée inondables. Quasiment aucune trace connue de ces habitats de la protohistoire ne persiste sur la commune.

En revanche, de très nombreux tumuli, sépultures composées d'un assemblage de terre et de pierres, couvrent littéralement les sommets des collines alentour. La plupart datent de la période gauloise (ou second âge du fer -450/-52) et de la période gallo-romaine. On notera que tous ces tumuli se trouvent sur des hauteurs. Malheureusement, les quelques tumuli ayant été fouillés n'ont révélé qu'un pauvre mobilier de céramiques grossières et quelques objets en métal (dont quelques fibules). C'est Guy Lintz, notamment, archéologue à la DRAC de Limoges, qui fouilla une série de tumuli sur la commune de Tarnac, non loin, qui présentent les mêmes caractéristiques. Il faut noter que les plantations de conifères sur les hauteurs, autrefois dénudées, et le passage des engins d'exploitation forestière ont provoqué de nombreuses destructions de ces sépultures anciennes.


Période gallo romaine

Après la conquête de la Gaule, la culture gallo-romaine pénètre la région au cours du Ier siècle de notre ère. Les terres sont alors constituées en grands domaines agricoles, appartenant à des notables, probablement descendants de l'ancienne aristocratie gauloise. La région de Rempnat, qui vient de Remnac, signifiant "ferme de Remnus", faisait alors partie de la cité gallo-romaine des Lémovices, dominée par la ville d'Augustoritum, plus tard Limoges.

Comme le reste de la Montagne Limousine, la région se couvre alors de villae, qui sont au centre des grands domaines cités précédemment. Véritables petits palais, ces villae étaient les demeures des grands propriétaires gallo-romains. Les ruines de certaines villae sur le Plateau de Millevaches laissent imaginer le luxe et le confort de la vie de ces notables gallo-romains.

On retrouve la trace de plusieurs villae sur la commune de Rempnat, notamment au bourg et à La Terrade. Des fragments de Tegulae, grandes tuiles caractéristiques des bâtiments gallo-romains, ont également été retrouvés sur des hauteurs près de La Villeneuve, ce qui pourrait laisser croire à la présence d'un sanctuaire. Un cimetière gallo-romain, découvert lors de labours, a également été découvert sur une pente non loin du bourg. Il renfermait plusieurs urnes funéraires en céramique. Ces riches villae était déjà situées sur les replats d'alvéoles, à l'instar des hameaux des périodes plus récentes. À partir du IIIe siècle, l'ensemble de la montagne limousine connait vraisemblablement des difficultés économiques importantes, et les villae sont peu à peu abandonnées.


Moyen Age

On ne sait quasiment rien de la région de Rempnat de la chute de l'Empire Romain en 475 jusqu'à l'an mil. Cette période voit de nombreuses invasions de peuples germaniques, notamment les Wisigoths et les Francs plus au Nord. Rempnat, ou Remnac à l'époque, fait alors partie de l'évêché de Limoges. On peut imaginer que par son isolement, il fut épargné par les invasions de la seconde moitié du premier millénaire, notamment celles des Vikings qui pillèrent Limoges et Saint-Léonard de Noblat. C'est probablement l'époque, également, où la population de la région se convertit au Christianisme, déjà répandu depuis plusieurs siècles dans toute la Gaule. C'est aussi vraisemblablement à cette période que la première église est construite et dédiée à Saint Sébastien. Pendant la période carolingienne, après le règne de Charlemagne, Rempnat fait partie, comme tout le Limousin, du Comté de Limoges. Attesté au IXè siècle, le village est donné en 833 par l'évêque de Limoges à son église cathédrale. C'est le premier document écrit que l'on possède concernant la future commune.

Puis en 1154, la paroisse entre dans les mains du chapitre d'Eymoutiers. Les structures du pouvoir se délitent lors de la mise en place d'une société seigneuriale et féodale, les rois et princes perdent peu à peu leurs pouvoirs au profit de plus petits seigneurs. Rempnat est alors sous la domination des comtes de Poitiers qui deviennent petit à petit les puissants ducs d'Aquitaine. Localement, le bourg était peut-être une petite seigneurie située aux confins de la vicomté de Comborn et des terres dépendant directement de l'évêque de Limoges.

Par la suite, la commune se situe dans une région aux frontières mal définies. Elle fait partie des confins orientaux du vicomté de Limoges, alors que les vicomtes de Comborn dominent les paroisses de Tarnac et de Peyrat le Château. De nombreux conflits féodaux ont lieu entre ces grands fiefs dont les limites sont vagues et fluctuent. Sont ainsi constituées de petites seigneuries, soit vassales de l'évêque, soit du vicomte de Limoges, soit du vicomte de Comborn. Rempnat même était probablement le centre d’un petit domaine entre les mains de seigneurs locaux.

La Montagne limousine est déjà une région isolée à l'époque. À Rempnat, certains toponymes témoignent de défrichements et d'établissement de nouvelles communautés. Le nom de La Villeneuve est clair sur l'origine du village. Il fut probablement créé après la conquête de nouvelles terres cultivables, probablement récemment défrichées. Dès ce moment, La Villeneuve fut érigée en paroisse, un temps assujettie à celle de Rempnat.


Période moderne

C'est au Moyen Age que se met en place la société agro-pastorale traditionnelle qui reste en place jusqu'au début du XXe siècle. Les villages prennent place sur leurs localisations actuelles et les différents terroirs se constituent. Les paysans vivent alors d'une agriculture d'auto-subsistance probablement déjà axée sur l'élevage. Leurs conditions de vie étaient certainement précaires d’un point de vue matériel. Elles s'améliorent au cours de la période moderne.

Au XVIe siècle, la région est peu affectée par les guerres de religion qui ont cependant vu la mise à sac d'Eymoutiers, à une vingtaine de kilomètres. C'est à cette époque que le château du Mazeau est érigé. Jusqu'au XXe siècle, les accès à la paroisse, puis à la commune, restent très peu développés, sous la forme de petits chemins de terre longeant la vallée de la Vienne. La région reste donc assez isolée. On commence à voir apparaître des habitations en pierre, de plus en plus grandes. La société paysanne se développe, loin des grands événements qui bouleversent le royaume de France à cette époque. À la Révolution, la commune de Rempnat est créée. La paroisse de La Villeneuve lui est rattachée.


Période contemporaine

C'est au XIXe siècle que cette société paysanne atteint son apogée. La commune est alors très peuplée (plus de mille habitants, probablement, contre à peine plus de 150 aujourd'hui). Le paysage est alors complètement ouvert. Les denses forêts primaires furent défrichées dès l'Antiquité. Les sommets des collines sont occupés par des landes à bruyères, où les troupeaux de moutons, l'élevage ovin étant la principale activité, peuvent paître à loisir. Ces terres sont réparties en terrains communaux, afin que tout le monde puisse y avoir accès. Beaucoup d'habitants ne sont que de petits paysans sans terre, contraints de louer leurs services à des familles plus riches, ou de tirer leur subsistance comme ils le peuvent des terrains communaux.

Les fonds de vallées sont peu à peu drainés, et les landes humides et tourbières ont été transformées en prés de fauche et en prairies. La culture des céréales, notamment du seigle, occupe une grande place. Seuls les versants trop escarpés sont toujours plantés d'arbres, chênes et hêtres majoritairement. Les chemins qui desservent les différentes parcelles et les landes sont souvent bordés de longs et hauts murs de pierres sèches. Ils sont fréquemment bordés d'arbres, dont le châtaigner, amené dans l'Antiquité puis en plus grand nombre au Moyen Age. La châtaigne est en effet l’un des principaux compléments alimentaires des habitants de la région.

La culture de cette société paysanne est complexe. Résolument chrétiens mais empreints d'anciennes traditions païennes (on compte de nombreuses bonnes fontaines sur la commune par exemple), les paysans voient leur vie de labeur rythmée par les fêtes, bals, mariages et veillées, les longues soirées d'hiver où les nouvelles et les légendes sont échangées. La cellule sociale de base est la famille. Plusieurs familles formaient la communauté villageoise caractérisée par des règles de vie communautaires restrictives mais aussi par des liens de solidarité forts. Chaque famille devait avoir accès à chaque terroir qui composait le finage du village, car leur subsistance dépendait du cumul des activités, entre l'élevage, le ramassage des châtaignes, la coupe du bois et les prés de fauche dans les vallées. Cette nécessité explique également la présence des villages sur les replats, à mi course entre les landes des sommets et les prés des fonds de vallée.

Il faut attendre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle pour voir cette société traditionnelle, fruit de millénaires d'évolution sociale et culturelle, décliner. L'exode rural et les difficultés de l'économie agricole en sont la cause. Face aux nouveaux moyens de communications, aux nouveaux moyens de production agricole et aux évolutions sociales, la société agro-pastorale traditionnelle d'auto-subsistance de la Montagne Limousine perd de plus en plus de sa raison d'être. Un équilibre vieux de plusieurs siècles se brise alors et beaucoup d'habitants décident de partir, pensant trouver ailleurs un avenir meilleur.

La commune de Rempnat, comme les autres, se vide peu à peu. Les landes et pâturages sont abandonnés, les communaux vendus à des propriétaires privés, défavorisant encore davantage des paysans les plus pauvres. L'hécatombe de la Première Guerre mondiale, qui fit des ravages parmi les paysans limousins, accélère le processus. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Montagne Limousine sert de refuge à diverses personnes pourchassées par l’occupant, des juifs, des résistants, des communistes, dont l'idéologie imprègne les mentalités d’un grand nombre des habitants depuis le XIXe siècle. Lors de leurs actions contre les maquis, les troupes allemandes passent par Rempnat. Ils brûlent le mobilier du château du Mazeau et fouillent les environs à la recherche d'armes.

Après la guerre, la commune se dépeuple de plus en plus. Beaucoup d'anciennes landes et terres agricoles sont alors plantées de conifères. Le paysage se transforme. Autrefois ouvert et fruit de siècles d'activités agro-pastorales, il est bouleversé et devient extrêmement boisé. Dans les villages, certaines constructions sont abandonnées et tombent en ruine, voire détruites selon les nouvelles exigences de l'économie « moderne ». Le passage des engins d'exploitation forestière provoque la destruction des chemins et de beaucoup de fours, de pêcheries et autres murets, patrimoine témoignant d'une très ancienne société aujourd'hui disparue.

De cette histoire et de cette culture paysanne, il reste tout de même de nombreuses traces, dont les villages eux-mêmes, qui présentent de nombreuses maisons anciennes caractéristiques de la région. Aujourd'hui, les activités de la commune sont toujours quasi-exclusivement agricoles, fondées sur l'élevage bovin, surtout depuis la fermeture des derniers commerces du bourg. Les habitants restants forment pour la plupart une communauté attachée à sa commune et à son caractère rural.

Depuis une dizaine d’années, de nouvelles dynamiques se mettent en place. Des « neo ruraux » ont tendance à revenir. Certains ont leurs origines sur la commune, et répondent à un attachement inébranlable pour ce territoire si particulier. D’autres cherchent un environnement social et naturel davantage préservé, et cherchent un refuge face à la société moderne et à ses contraintes. Certains, des jeunes notamment, cherchent à recréer une activité sociale, culturelle et économique, et forment peut-être les prémices d’un mode de vie « alternatif ».

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